Histoire d'un magasin de village
Publié le 10 Décembre 2008
André Godenir nous raconte l'histoire du magasin familial:
Magasin plus que centenaire, ouvert dès la fin du 19e siècle : Clémence Wavreille y tient une épicerie, mais aussi une sorte de petit bazar. Son frère Joseph occupe un atelier de boulangerie derrière la boutique. Il y a aussi un café où l’on sert essentiellement les petites gouttes.
Durant la guerre de 14-18, l’activité de boulangerie est interrompue. Joseph est mobilisé sur le front de l’Yser, dont il reviendra marqué à tout jamais.
En 1917, Clémence recueille Lucie, sa nièce âgée de 5 mois, dont la maman Mélanie est décédée le 3 septembre de la grippe espagnole.
Lucie assiste sa tante et son oncle dès 1931. Clémence décède en 1942 et Lucie poursuit son activité. On dit couramment qu’on va chez « Lucie Clémence ».
En février ’45, Lucie épouse Alexis Godenir, qui est vétérinaire. L’activité de café et de boulangerie est arrêtée après la guerre, Joseph décédant en 1947.
En 55-56, la maison, antérieure au 16e siècle, est transformée et le magasin s’agrandit par l’adjonction de l’ancienne boulangerie.
Lucie poursuivra son activité jusqu’à sa mort en 1995, à l’âge de 78 ans, soit une carrière ininterrompue de 64 ans à son comptoir.
Son fils André-Marie ne peut se résoudre à mettre fin à cette véritable institution locale. Il continue à ouvrir la « boutique » durant chaque week-end. Beaucoup disent encore : « on va chez Lucie ». Désormais le magasin est ouvert 5 jours sur 7.
Un des derniers endroits de convivialité locale préservée, où
l’on se parle encore.

Cette photo montre la maison et l'entrée du magasin au début du 20e siècle. On peut y reconnaître, dans l'entrée du magasin sous l'enseigne, ma grand-tante Clémence
Wavreille, dans l'entrée de la maison, mon arrière-grand-père Henri Wavreille, et juste devant lui sur la pavée, mon grand-oncle Joseph Wavreille.